Les véhicules thermiques seront bannis dès 2035 pour laisser place aux véhicules à batteries, c’est demain ! La France est embarquée dans cette marche vers le « tout électrique » sous l’égide autoritaire de l’Europe qui en trace les règles. Rouler à l’électrique ne sera dès lors plus un choix…
Histoire du véhicule électrique …
On l’a peut-être oublié mais la voiture électrique est née avant la voiture thermique (dans le milieu du XIXème siècle) et a dominé cette dernière jusqu’au début du XXème siècle, pour ensuite disparaitre par manque de compétitivité.
Malgré une brève réapparition durant la seconde guerre mondiale, ce sont les directives européennes imposant une baisse drastiques de pollution aux constructeurs automobiles qui a au retour en force de la « mobilité électrique ».
Pourtant, il faut savoir que depuis la mise en place de la norme EURO, au milieu des années 1990, la pollution automobile n’a jamais été aussi faible en Europe de l’Ouest.
Souvenons-nous qu’avant la première norme EURO 1 (qui a engendré l’arrivée des premières voitures catalysées) en 1992, les villes d’Europe de l’Ouest étaient coiffées d’un dôme de gaz aux nuances roussâtres et à l’odeur âcre, qui a aujourd’hui disparu dans un silence médiatique totalement assourdissant pour laisser place à une brume naturelle, résultant de la vapeur d’eau issue de toutes les combustions existantes (chauffage, véhicules thermiques, usines, respiration du vivant notamment…). Cette brume est souvent portée au banc des accusés comme seule responsable de morts « potentiels » liés à la pollution… Rien n’est moins sûr. Mais, en revanche, il s’agit bien d’un puissant gaz à effet de serre bien moins célèbre que le CO². Le fameux CO² qui aujourd’hui sert de prétexte à un véritable « business » sur la base des crédits CO² cessibles, côtés en bourse même. Sans oublier les modèles mathématiques théoriques, imprécis, discutables qui érigent la responsabilité humaine comme majeure dans les changements climatiques…
Autant de raisons qui permettent à la commission européenne de demeurer bien calée sur son dogme écolo-sanitaire et tout le lobbying qui en découle jusqu’à imposer des valeurs de CO2/km tellement basses qu’aucun véhicule thermique ne pourra prétendre à homologation en Europe dès 2035… CQFD.
La France a souvent montré qu’elle savait se montrer plus zélée encore que ne l’imposent les règles européennes. C’est ainsi que notre pays a décrété l’urgence écologique et climatique dans la loi énergie climat qui prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Un objectif qui se voudrait vertueux sauf qu’il est trop souvent le prétexte à l’instauration de mesures à tendance punitive, telles que la mise en place des zones à faibles émission-mobilités (ZFEm), Zones 30, radars mobiles privatisés ou autres, tous inspirés par le Green Deal Européen…
L’électrique vraiment pas polluant ?
Essayons de décortiquer la nécessité écologique de toutes ces mesures.
Si nous considérons le seul critère (discutable) de la décarbonation, il est évident que le véhicule électrique sera bien plus vertueux que leurs équivalents à essence ou même diesel. Mais il faut tout de même avoir conscience que la production de carbone entre électrique et thermique n’en sera diminuée que de 33%. Ce qui veut bien dire que les deux tiers (66%) de la production de carbone d’une automobile ne proviennent pas de la combustion thermique…
Nous pouvons aussi apprécier un autre critère, celui de l’impact écologique global et pas uniquement du CO². Et là, les résultats ne sont plus du tout les mêmes… L’essentiel de la pollution des véhicules électriques est présent dès 0 km, contrairement aux véhicules thermiques. A l’horizon 2030, les véhicules électriques et hybrides vont consommer près de 90% du marché mondial des batteries lithium ion… Nous sommes donc engagés dans une technologie qui perdurera puisqu’il faudrait au moins 15 ans pour industrialiser une solution alternative… Et n’oublions pas que le secteur global de l’énergie électrique sera aussi un utilisateur majeur de batteries neuves ou réformées issues des véhicules électriques ou non, pour faire face à l’intermittence de certaines énergies renouvelables (solaire ou éolien).
La production de cette énergie « grise » englobe l’extraction de minerais métalliques critiques, leur traitement, leur transport, la fabrication de la batterie puis du véhicule électrique. Tout un processus qui reste majoritairement non écologique, bien moins écologique que le processus de fabrication d’un véhicule thermique en tous cas. Qui a parlé de miracle ?
Autre argument, et pas des moindres. Il faut savoir que la masse des batteries des véhicules les plus gros avoisine les 700 kg. Elle représente tout de même 300 kg pour la Zoe ! Autant de masse qu’il faudra transporter dans le véhicule et donc autant d’énergie nécessaire… Par ailleurs, la durée de vie de ces batteries reste limitée (8 ans). Le bilan environnemental de la batterie pourrait être doublé en cas de remplacement de la batterie dans la vie du véhicule pour parcourir le kilométrage d’équilibre sur le seul bilan CO², qui varie entre 40 000 et 200 000 km selon les études.
Véhicules connectés, véhicules autonomes
Les derniers véhicules dits « connectés » qui sont régis par des calculateurs équivalant à plusieurs dizaines de PC portables où circule l’Intelligence Artificielle sont voraces en ressources. De plus, l’immense échange de données numériques générées et transmises en 5G va impliquer un ajout d’équipements spécifiques et donc une énorme surconsommation d’électricité. Tout cela impliquera d’augmenter obligatoirement la taille de la batterie… Ces constatations ne peuvent qu’être démultipliées si l’on parle d’un véhicule autonome.
L’électricité, source de pollution économique et écologique ?
N’oublions pas l’effet négatif des primes à la conversion. Outre leur coût élevé pour la collectivité (8 milliards d’euros rien qu’en France), il faut savoir que de très nombreuses voitures thermiques seront retirées de la circulation dès 2024, souvent bien avant que leur production soit amortie, économiquement parlant. Comme il avait été constaté lors de la mise en place des fameuses primes à la casse (Jupé ou Balladur) on peut craindre un véritable afflux de véhicules thermiques vers l’Afrique ou vers les pays de l’Est soumis à des règles moins drastiques pour ne pas dire inexistantes qu’au sein de l’Union Européenne. Les pollutions vont alors s’additionner…
L’extraction du lithium
Malgré des performances que l’on peut qualifier encore de médiocres en comparaison à une même masse de carburants fossiles, la production des batteries a été multipliée par six depuis 2010 et elle devrait encore être décuplée d’ici la fin de cette décennie. L’impact de la fabrication des batteries pose et posera de grands problèmes.
Les impactes de pollution existent principalement sur l’eau potable, et particulièrement dans des pays arides où cette ressource est naturellement rare. Les populations locales constatent déjà une forte salinisation de l’eau la rendant impropre tant à la consommation qu’à l’irrigation. Sans oublier la présence des autres produits chimiques dispersés dans la nature (chlore, solvants ou autres). Un scenario bien pire que les dégâts causés par l’exploitation des gaz de schistes en Amérique du Nord dont on avait pourtant beaucoup parlé.
Quoi qu’il en soit la pollution des eaux et des sols par les activités minières spécifiques accrues par cette nouvelle demande de métaux (cobalt, cuivre, aluminium, nickel, manganèse…) est d’autant plus inquiétante lorsque les nuisances sont multipliées par deux ou trois… Une estimation minimale étant donné qu’elle est avancée par les industriels… Sur de nombreux sites miniers il n’existe pas d’études d’impacts environnementaux en raison de la complicité voire de la corruption des acteurs en présence… Et lorsque l’on sait qu’une seule voiture électrique compte plus de 70 matières premières minérales, on imagine bien que la problématique environnementale n’est pas vaine.
Avec un tel accroissement de la demande comment éviter l’augmentation des conséquences environnementales de l’extraction minière ? L’amélioration des processus d’extraction du lithium, le recyclage des batteries et même une rationalisation de l’utilisation du transport individuel indispensable pour plus de 8 milliards de personnes y suffiront-ils ?… Véhicules électriques ou pas, l’équation semble sans solution…
Enfin, dans un rapport paru en 2018, l’agence européenne pour l’environnement constate que les émissions de SO2, NOx et particules sont multipliées par 1,5 à 2 par rapport à un véhicule thermique à 0 km… A méditer…